Theologisch einfach nicht richtig

Karl Rahner, Joseph Ratzinger et Martin Bialas à l'heure de l'apéro :)

La nouvelle est tellement cocasse qu’elle a déjà suscité plusieurs articles dans les médias à travers le monde. La Süddeutschen Zeitung a retrouvé un mémorandum de 1971 à destination des Evêques Allemands, signé de 8 théologiens dont le professeur Joseph Raztinger, qui demande de réfléchir à la pertinence du célibat pour les prêtres dans la situation actuelle. (Principalement du fait, déjà, de la crise des vocations, ou pour être plus précis, de la crise de l’appel)

Et les observateurs de remarquer que sur cette question le Pape a bien évolué, lui qui a indiqué à de nombreuses reprises que cette question ne faisait pas partie aujourd’hui de ses préoccupations pastorales.

Le fait qu’aujourd’hui Pape, Benoît XVI dise le contraire de ce que théologien il a signé ne me pose pas plus de question. La recherche théologique a une plus grande liberté de recherche et de questionnement qu’un Pape. Realpolitik ? Sans doute. L’histoire montre d’ailleurs que bien souvent, l’audace théologique des chercheurs ne rencontre un écho favorable que plusieurs années ou décennies après. Plus simplement, il a aussi le droit d’avoir changé d’avis.

J’en retiens juste trois choses.

D’abord parmi les signataires, on retrouve notamment les noms de Karl Rahner[1], Karl Lehmann et Walter Kasper, qui sont à la théologie contemporaine ce que Mozart est à la musique classique, des piliers incontournables [2]Et pas vraiment des progressistes barbus, fous fumeurs de joints et joueurs de guitares ou des jeunes séminaristes qui cherchent à faire du buzz. Juste quelques uns des plus grands théologiens européens du XXème siècle.

Deuxième élément, ce groupe considère que la justification du célibat sacerdotal n’est pas juste théologiquement. Sans doute s’agit-il d’une des clés qui permettra un jour d’avancer sur cette question récurrente. Car de fait il s’agit plus d’un « accident » de l’histoire que d’un élément justifiable au regard des Evangiles ou même de la Tradition[3]. Pour être un plus précis, il s’agit d’une règle disciplinaire ; néanmoins, selon les périodes de l’histoire, la tentation de justifications théologiques, spirituelles ou même historiques à partir de la Tradition apparait plus fortement, au gré des circonstances.

Au final, la simple disputatio théologique n’a que peu d’intérêt, sauf à mettre en évidence le lien progressif qui va s’établir entre un clergé à qui on impose de représenter sainteté et morale et par ricochet la mise en exergue de la valeur spirituelle de la chasteté et de la abstinence.

Je ne pense pas qu’il y ait encore vraiment lieu de débattre sur le fait de savoir si les prêtres doivent être ou non célibataires. Sauf à confondre l’ordination d’hommes mariés et le mariage des prêtres.[4]

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le célibat peut avoir un sens. Mais ce qui n’a pas de sens c’est de croire que Dieu n’appelle que des célibataires à le servir dans le cadre du sacerdoce, cela au nom de l’exemple du Christ.

Rappelons enfin qu’une telle question n’a à l’époque rien de surprenant. L’Assemblée générale du synode pastoral des Evêques Hollandais du 7 janvier 1970 demanda à Rome d’admettre des prêtres mariés[5], demande identique par une lettre de 86 théologiens Allemand le 3 février 1971, question de Paul VI au synode romain des Evêques de 71, etc … jusqu’à aujourd’hui, pas plus tard qu’hier par exemple où une nouvelle pétition de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses demandent une réforme de fond de l’Eglise de Rome qui mettrait notamment fin au célibat des prêtres.

Enfin s’ils appellent de leurs vœux l’Eglise à la réflexion, c’est en fonction d’un contexte, celui du manque de vocations. Ce qui n’est pas sans rappeler une méditation beaucoup plus tardive du Cardinal Ratzinger sur le fait que l’Eglise a depuis toujours pris la forme d’une Croix. Verticalement, elle ne cesse de redire la Vérité du Christ, annonçant la Bonne Nouvelle à temps et contretemps. Horizontalement, elle a comme mission d’épouser les conditions et les époques qu’elle traverse depuis toujours, s’adaptant en permanence afin de faire entendre la Parole du Christ en la rendant Présente et Vivante.

Cette petite histoire nous rappelle que dans l’Eglise, même au cœur d’un pontificat dont le fil rouge semble être la Vérité, toute vérité justement, aussi scientifique et rationnelle soit-elle se heurte parfois à la réalité humaine et à l’inertie des faits.

Voici un extrait du texte, le chapitre IV qui met en lumière cette difficile question des faits et de la vérité[6]

Du moment où il s’agit de quelque chose qui ne n’est pas strictement un dogme, même le législateur ecclésiastique est obligé de prendre en compte son impact (y compris le maintien de celle-ci) de façon significative.

En même temps il faut penser en premier lieu aux effets, d’une part prévisibles et, d’autre part, aux effets qui peuvent entraîner des dommages importants (comparé aux bonnes intentions).

Cela est vrai même si ces effets « en soi » n’existeraient pas forcément et qu’ils représentent, d’une certaine façon, une réaction (qui ne devrait pas être) venant de ceux qui seront concernés par une telle « loi ».

Ainsi, la législation ecclésiastique ne peut pas simplement stipuler: notre « loi » et nos intentions sont bonnes en ce qui concerne le contenu, formellement légitimes et ne peuvent avoir que de bonnes conséquences, à condition que cette « loi » (ce qui devrait être) soit respectée.

Chaque législateur doit égalent prendre en compte les suites factuelles de ses directives.

Cette réflexion simple qui, au premier abord semble abstraite, est un élément très important qui n’est certainement pas assez pris en compte partout.

Nous nous sommes déjà posé la question de manière objective sur la partie de l’exercice de la mission ecclésiastique (priorité du service pastoral, manque de prêtres, exigences qualitatives auprès des prêtres etc.).

Cette problématique doit également être considérée sous l’angle de la faisabilité d’une vie de célibataire en tant que jeune prêtre d’aujourd’hui.(v. La question du ménage – « La gouvernante » ; l’isolement croissant, une véritable perte de «reconnaissance» vis-à-vis de beaucoup de prêtres parmi de nombreuses communautés et l’incertitude de l’image du prêtre; l’indécision et l’instabilité mentale de beaucoup de jeunes hommes face à une société sur-stimulée sexuellement au sein de laquelle ils doivent mener une vie de célibataire « saine » etc.).

Que la situation ait globalement et fortement évolué ainsi n’est aucunement un argument contre la loi du célibat, mais exige un examen minutieux de cette question parmi tant d’autres aspects.

Traduction Roswitha Sliwinski

L’ensemble du texte est disponible en pièce jointe.

Notes

[1] Un peu étonnamment d’ailleurs puisqu’il avait publiquement pris position contre l’ouverture du sacerdoce aux hommes mariés, notamment par son refus de signer une lettre du 3 février 1971 demandant aux Evêques d’ouvrir ce débat au niveau universel.

[2] . Les étudiants et étudiantes en théologie savent de quoi je parle, courage !!!

[3] avec un grand t

[4] Voir l’analyse synthétique et très éclairante de Bernard Sesboüé sj dans Invitation à Croire, Cerf 2009, p. 281

[5] Une du journal Le Monde le surlendemain et du Times la semaine suivante

[6] avec un petit v cette fois-ci :)

21 thoughts on “Theologisch einfach nicht richtig

  1. Je ne pense pas qu’il y ait encore vraiment lieu de débattre sur le fait de savoir si les prêtres doivent être ou non célibataires. Sauf à confondre l’ordination d’hommes mariés et le mariage des prêtres

    Je ne comprends pas le style de ta phrase….Ca veut dire en gros que puisque ta position te semble juste alors l’Eglise aurait du l’adopter depuis longtemps…ou que tout le monde serait d’accord avec toi ?

    Mais ce qui n’a pas de sens c’est de croire que Dieu n’appelle que des célibataires à le servir dans le cadre du sacerdoce, cela au nom de l’exemple du Christ.

    T’as vu Dieu récemment et tu lui en as parlé ?

    Mon style est volontairement provocateur, je n’ai pas d’avis forcément tranché sur la question : mais ce que je lis ne me plaît pas dans la forme (du moins telle que je la perçois)…je trouve que le débat peut et devrait avoir lieu, sans pour autant avoir une position fermée sur l’une ou l’autre des positions….

  2. Marc, perçois-tu comme moi l’immense décalage entre la pétition des 8 théologiens de 1971 et celle des 140 de 2011 ?

    D’un côté, fidélité à l’Eglise, à laquelle des théologiens confirmés viennent apporter un éclairage technique, en précisant que le choix d’hommes célibataires plutôt que mariés pour le sacerdoce est de nature disciplinaire et non théologique. Eclairage qui, comme tu le précises, n’attaque en rien la dignité de la vocation au célibat.

    @Bert : il serait dommage de tomber, dans un tel sujet, dans le procès d’intention.
    De l’autre, une injonction de réforme, la sommant de se mettre au diapason du progressisme, et qui mélange allègrement ordination d’homme mariés, mariage des prêtres, ordination de femmes et mariage gay.

  3. @Bert’ : oui je ne rentre pas trop dans les détails effectivement, pour moi il n’y a pas débat, car théologiquement, il n’y a pas de difficultés pour que demain il existe des hommes mariés qu’on va appeler au sacerdoce (un peu sur le modèle des diacres) et parallèlement des jeunes qui veulent conserver le célibat. Il y aura sans doute deux grandes figures de prêtres, avec des charismes très différents.

    @Incarnare : oui sans aucun doute la tonalité est très très différente, s’explique sans doute du fait que les revendications de certains sur des évolutions de fonds ou de formes ne sont pas satisfaites, depuis maintenant plus de 40 ans. Donc aux revendications initiales s’en rajoutent d’autres…. avec un gros ras le bol.

  4. Marc, on peut reprendre l’argument dans l’autre sens : si certains (qui ne manqueront pas de marquer une évolution dans ce sens comme une « victoire » sur un soi-disant obscurantisme) ne réclamaient pas l’ordination d’hommes mariés au nom du modernisme, peut-être serait-ce déjà arrivé.

    Je crois réellement qu’une évolution sur cette question ne pourra se faire que lorsqu’une compréhension approfondie des vocations au mariage et au célibat se sera diffusée plus largement chez les catholiques.

  5. Ah pardon, autant pour moi Incarnare. Moi, je n’en reste jamais aux articles des journaux. Je vais prendre le temps de lire le texte (il y a un lien dans mon article), de voir qui sont les signataires, leurs revendications, afin de comprendre et de juger.

  6. Tu me pardonneras de ne pas parler allemand couramment. Et donc de m’en tenir à ce qu’en rapport le Figaro (à savoir ce que j’ai rapporté au-dessus : que la question du célibat est noyée dans un grand mélange de revendications qui n’ont pas toutes le même statut).

    Maintenant, si le Figaro a mal fait son job, et que ta compréhension courante de l’allemand permet de me tirer de l’erreur ou de l’ignorance, je t’en serais plus que reconnaissant.

  7. Merci pour cette traduction. Voici quelques réactions aux différents points :

    1. Participatif :
    Oui pour plus de participatif ! Mais avec qui ? Ceux qui passent une fois par an dans l’Eglise ? Ceux qui sont là à la messe du dimanche mais qu’on ne voit pas le reste la semaine ? (et je dis ça sans aucun dédain, puisque ça correspond à ma pratique actuelle, du fait d’un engagement ecclésial extra-paroissial qui me prend du temps).
    Le vote majoritaire est-il un moyen fiable de discernement ? Sans doute, dans une communauté comme les moines de Tibhirine, qui consacrent à leur foi et à leur communauté l’essentiel de leur temps. Mais dans nos paroisses ?
    Alors l’élection des évêques.. Matthias fut tiré au sort parmi deux candidats discernés par les apôtres.

    2. Paroisses :
    - je note avec intérêt que la pétition parle de ministères ecclésiaux pour les hommes mariés et les femmes, non de prêtrise. Une bévue au compte du Figaro.
    - l’organisation des paroisses pose effectivement question… mais je crois que les enjeux sont différents en Allemagne et en France, dans les villes et les campagnes, etc. et que les solutions avancées sont simplistes. Enfin, le manque de dimension communautaire est autant voire plus culturel que spécifiquement religieux.

    3. Le droit dans l’Eglise :
    Intéressant de voir revendiquer des « droits à » dans l’Eglise… Toutefois, sur cette question, je crois que l’expérience du comité de la jupe (plainte à l’officialité contre Mgr Vingt-Trois) montre clairement que le droit de l’Eglise est très protecteur des laïcs.

    4. Liberté de conscience :
    Où l’on voit le caractère pervers de la proposition précédente : au nom du respect des droits des personnes et de la liberté de conscience, telles que conçus par les signataires, on interdit à l’Eglise toute prise de position dans le champ moral. Ca pue le relativisme à plein nez. (En disant ça, dois-je préciser, je ne récuse pas le fait qu’une position plus ajustée des communautés ecclésiales locales envers les divorcés-remariés est nécessaire et est toujours à trouver).

    5. Réconciliation :
    La réconciliation est nécessaire (et signalons ici les beaux efforts de repentance de JPII, qui lui ont coûté bien des soucis avec les intégristes). Mais l’humanité ne trouve pas son chemin par l’abolition de la morale.

    6. Liturgie :
    Oui pour la participation de la culture dans la liturgie. Mais attention à un certain marketing liturgique. Je regardais ces jours-ci une vidéo de présentation d’une église évangélique.. la voix-off en vantait les mérites, en faisant la promotion d’une «worship experience» (‘expérience de louange’) incomparable..
    Attention à une liturgie qui vise à rendre le culte ‘tout-sucre tout-miel’ : l’expérience spirituelle est le plus souvent – et nécessairement – une expérience du vide, de la soif, de l’agonie de la liberté humaine laissée à elle-même (mais appelée à suivre le Christ). Pas un parcours à EuroMickey.

  8. Je me permets de m’associer aux questions d’Incarnare… à qui vous ne répondez pas exactement, au fait:
    à propos de la récente pétition aux 140 signataires, et de la mise en parallèle avec les réflexions auxquelles participait autrefois le cardinal Ratzinger,
    vous continuez à les mettre sur le même plan, en ne voyant de différence que de forme et qui serait dû à un « ras-le-bol » légitime de ne pas voir acceptées et mises en œuvres leurs propositions (exigences serait plus exact) forcément justes et nécessaires.

    Or, comme le fait remarquer Incarnare et comme vous évitez de le prendre en compte, les deux démarches sont complètement différentes.

    De fait, lorsqu’on lit ladite pétition, vous noterez qu’on n’y trouve, en fait, nulle trace de réflexion. Seulement un petit résumé des griefs les plus communs contre l’église comme on pourrait en trouver dans le courrier des lecteurs d’une revue à la mode ; du propos de comptoir de café du commerce, mais nulle trace de théologie.

    La démarche qui en ressort est somme toute assez simple (et classique, et si courante !) : par le jeu du champ lexical, des thèmes abordés et de la tournure des phrases, inventer une image d’église rigoriste, poussiéreuse, inquisitrice et autoritaire (ou plutôt invoquer : nul besoin d’inventer une image que la plupart du public a déjà spontanément en tête, toute inventée et répétée qu’elle est dans les médias de consommation courante),
    laisser entendre à plus que demi-mots que la liturgie y est dépassée et ne peut s’adresser aux Hommes de notre époque, que l’Église catholique ne donne aucune place aux personnes divorcées vivant en couple, aux personnes homosexuelles,

    
    

    pour, en contraste, se donner en toute humilité aux yeux de la mondanité médiatique une image de courageux novateur éclairé.

    En d’autres termes : une petite campagne de publicité personnelle à peu de frais (caresser l’opinion publique dans le sens du poil, ça coûte rien).

    Dit autrement encore : depuis quand la démagogie est-elle une branche de la théologie ?

    On ne voit donc pas bien ce qu’il y a de comparable entre d’une campagne d’auto-complaisance démagogique et, au fond, vaine et vide,
    et d’autre part une réflexion théologique menée par des théologiens, avec réflexions et arguments à l’appui.

    Vous avez soigneusement évité la remarque, mais le fait demeure (et diminue grandement la crédibilité du texte en question).

  9. (On remarquera que le texte en question affirme, en substance, et sans rire,
    à la fois ne rien remettre en question de la valeur et de la signification du mariage ou du célibat des prêtres,
    et à la fois qu’il faudrait tout de même qu’elle arrête de prétendre que certains choix de vie seraient bons et d’autres mauvais, et qu’elle tombe enfin d’accord avec le monde présent pour dire que chacun fait comme il veut et que tout ça finalement c’est aussi bien…
    …ce qui revient très précisément à renier toute signification et valeur propre au mariage.)

    À noter, au sujet de ce paragraphe 4 intitulé « liberté de conscience, que, de fait,
    les signataires exposent explicitement une conception erronée du terme « liberté », en désaccord avec la philosophie sur laquelle se fonde l’église catholique.

    Ce qui est un peu moyen, quand on se dit « théologien ».

  10. Armel, à propos de ce que vous dites sur la liberté de conscience :

    Le propre d’une discipline universitaire est la liberté d’échange. Être en désaccord sur les thèmes et concepts y est fréquent. Et fécond, à condition que les points de désaccord soient clairement identifiés et honnêtement assumés.

    Tant qu’on reste dans le débat mesuré et argumenté, il ne s’agit pas de jeter l’anathème sur des théologiens, ni de leur discuter ce titre à cause de leurs prises de position. L’Eglise a toujours veillé à ne pas « clore » un sujet trop tôt (cf. http://www.letempsdypenser.fr/2010/… )

  11. @Armel H. mon texte ne parle pas spécialement de la dernière pétitions des 140. Ce n’est pas le propos, tout ce qui vous intéresse, c’est la recherche de la petite bête. Et j’ai vraiment des choses bien plus intéressantes que devoir me justifier sur un texte dont je ne suis ni signataires que pour l’instant j’ai juste survolé le contenu.

  12. @Incarnare

    (concernant votre lien : ne demandant à l’Église ni qu’elle se conforme à l’esprit du monde, ni qu’elle fasse preuve de plus d’autorité, je ne me situe donc dans aucun des « deux grands courants » cités.)

    . Je constate que la teneur de la pétition tient beaucoup plus de la classique démarche démagogique que de a réflexion théologique. Je n’ai donc même pas à discuter un titre puisque, si les signataires sont théologiens, clairement leur démarche ici et leur propos ne s’apparente en rien à la théologie ; leur titre n’intervient donc même pas dans la discussion, et ils ne peuvent pas s’en prévaloir pour donner du poids à leurs propos.

    . Concernant la liberté, il ne s’agit même pas d’un désaccord intellectuel sur un concept : simplement du constat que le texte en question semble bien reprendre en présupposé l’acceptation courante et erronée du terme « liberté ».

    Ce que je demande, c’est donc : objectivement, quelle valeur accorder à ce texte, au vu de ces constats ?

  13. mon sentiment là dessus c’est que des gens deviennent parfois « protestants », ou quelque chose de nouveau, et qu’ils devraient l’assumer plutôt que de vouloir imposer leur sensibilité à des catholiques qui trouvent que la foi de l’Eglise telle qu’elle est leur semble juste.

    ça n’empêche pas le dialogue, mais il y a souvent une sorte d’orgueil qui en fait empêche d’avancer, un besoin d’avoir raison, une recherche de quelque chose de précis et de très humain, qui peut être dicté par des circonstances ou le vécu personnel de certains, et qui n’est plus ouvert à l’Esprit Saint, qu’on oublie beaucoup.

    je crois beaucoup au temps pour valider les avancées de l’Eglise, et aussi à la foule des gens simples, qui sont plus proches de leur conscience parce qu’elle n’est pas « parasitée » par des idées trop intellectuelles, qui bloquent le flux d’une méditation vraiment vivante et spirituelle.

  14. Marc, pour revenir au sujet principal de ton billet (l’évolution de position de Ratzinger – Benoît XVI), à quoi l’attribues-tu ?
    - à l’évolution de ses fonctions ?
    - à l’évolution de ses opinions personnelles ?
    - à une différence de plans dans l’expression ? (j’explique : l’article des 8 théologiens étant académique, il reconnaît, avec la rigueur et le respect de la vérité qu’on reconnaît à ses auteurs, que le célibat ecclésiastique n’est pas un objet de dogme, tandis que la prise de position de Benoît XVI serait plus personnelle, et plus pastorale, actée en fonction de l’état de l’Eglise à un instant donné ?)

    Qu’en penses-tu ?

  15. Bonjour,

    Si je peux me permettre, je vous conseille la lecture de « Lumière du monde », le dernier livre entretien de Benoit XVI dans lequel il se livre sur la question.
    Vous découvrirez qu’il y est question justement du texte signé en 1971.

    Comme quoi, ce n’est pas une nouvelle « fraîche » et que la question n’est pas tabou.

  16. J’espère tout simplement que cette règle disciplinaire ne sera JAMAIS abolie pour la simple raison qu’aucun élément nouveau depuis qu’elle est obligatoire ne plaide pour la suppression. Les raisons qui ont conduit l’Eglise à rendre le célibat obligatoire sont toujours d’actualité et ils le sont encore plus que jamais. On sait depuis longtemps que l’ordination des hommes mariés ne changerait rien sur de significative sur la crise des vocations et qu’au contraire elle créerait d’autre difficultés dans l’Eglise.

    Lorsque vous dites : « ce qui n’a pas de sens c’est de croire que Dieu n’appelle que des célibataires à le servir dans le cadre du sacerdoce, cela au nom de l’exemple du Christ. » vous faussez la question de l’appel car ce n’est pas un droit de l’homme que d’être ordonné prêtre. On peut en avoir le désir, mais personne n’y a droit. L’Église appelle qui elle veut, pourvu qu’il soit volontaire. Elle est donc parfaitement libre de n’appeler que ceux qui ont le charisme du célibat, c’est-à-dire ceux qui ont à la fois les dispositions naturelles et la grâce pour le vivre.

    Pour moi l’Eglise fait un acte de pure miséricorde en refusant d’ordonner les hommes mariés. Pourquoi ? Parce que lorsque le Christ a appelé les 12 apôtres, ils ont dû laisser tous derrière eux enfants, femmes, et maison pour le suivre (cf. Lc 18, 28-30) et d’ailleurs ceux qui n’étaient pas marié avant leur appel ils ne l’ont jamais fait (ex : Saint Jean). Or le Christ demande à tous les prêtres mariés ou pas la même oblation totale de leur personne sans aucun attachement. Et on conviendra tous que c’est par exemple humainement difficile d’envoyer un homme marié avec 4 enfants scolarisé en mission dans un endroit perdu du monde.
    Ainsi si l’Eglise latine refuse d’ordonner les hommes mariés c’est uniquement par MISÉRICORDE à l’égard de ses ministres car le célibat permet de réaliser mieux la vocation de prêtre.
    À travers une longue enquête de plus de 500 page couvrant l’ensemble des Églises d’Orient et d’Occident aux sept premiers siècles, le Père Christian Cochini démontre dans son ouvrage « Les Origines apostoliques du célibat ecclésiastique » que la loi de célibat-continence était bien une tradition non-écrite d’origine apostolique. Par exemple Selon la législation canonique, les candidats aux ordres déjà mariés étaient tenus à partir de leur ordination à observer la continence parfaite avec leur épouse. C’était là une tradition remontant à l’âge apostolique : « ce que les apôtres ont enseigné, et ce que l’antiquité a toujours observé, faisons en sorte nous aussi de la garder », déclarent les Pères d’un concile africain de 390 à Carthage .
    Ils montrent contrairement aux idées reçus que ce sont les orthodoxes qui ont changé cette règle à partir d’un malentendu
    Quant à l’évolution de pensé du Père Ratzinger la question ce n’est pas de savoir ce qu’ils pensent il y a 40 ans mais ce qu’il lui a fait changer d’avis au point de mettre presque cette discipline au rang de vérité de foi. Serait-ce peut –être Jean Paul II qui lui a fait changer d’avis entre autre ? J’en suis convaincu.

  17. J’enchéris sur la réponse de Fred : il ne semble pas que ces 140 théologiens ni aucun de ceux qui avancent la même revendication aient en tête de permettre l’ordination d’hommes mariés à la condition qu’ils pratiquent ensuite une continence parfaite.
    Il ne serait donc pas légitime de leur part d’invoquer des faits des premiers siècles de l’Église à l’appui de leurs revendications, qui n’ont aucun rapport avec ces faits.

    Quant à l’évolution des propos de Benoît XVI : l’argument pastoral est également à considérer :
    une réflexion de théologien, à titre personnel, spéculative, n’a pas du tout la même portée que l’avis public d’un pape.
    D’autant que, dans les circonstances actuelles, notamment la pression médiatique et des modes, pression dont on sent toute l’influence dans ladite pétition, un seul petit propos papal serait forcément récupéré et réinterprété dans le sens des désirs et revendications des uns et des autres – et cela, Benoit XVI en est forcément conscient.

    (c’est toute la responsabilité et la particularité des dirigeants, qu’ils soient papes, capitaines de navire, rois ou présidents : ceux qui ont conscience de leur rôle gardent leurs réflexions pour eux, et ne les livrent que prudemment, au vu des graves conséquences et influences que cela peut avoir.)

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