Le choc des images

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« Quelle liaison entre le contenu et la photo ? » se demande pixies à la suite d’un article de Libé sur l’homophobie au Cameroun.

Moi aussi je me pose la question alors je décide de lire l’article. Oui, pourquoi mettre une photo de Benoît XVI puisqu’il n’y a apparemment aucun rapport avec la religion catholique ou un voyage du pape comme semble le dire cette image ?
Je relis une deuxième fois, cherche un message caché, mais non, rien, nada.

C’est important une photo d’illustration et c’est une véritable dimension du travail d’un journaliste. On dit parfois plus de chose en un cliché qu’en un article. Rappelez-vous, le choc des images, le poids des mots.©

Et cela marche bien puisque quelques commentaires plus loin, nous sommes déjà très loin du Cameroun et les lecteurs de Libé discutent sur l’opportunité ou non de faire un kiss-in dimanche prochain devant Notre-Dame de Paris.

Entre temps, il y a eu un changement de photo, mais de manière assez subtile Libé a choisi de conserver cette mention « Le Président Paul Biya lors de l’arrivée du Pape Benoit XVI en 2009.».

Comme si Libé n’avait aucun photo du Président du Cameroun depuis 2009.

Si vous pensez que l’Eglise peut avoir une responsabilité dans l’homophobie, il y a plus simple, il suffit d’en faire un article.

Je dédicace donc à Libé cette traduction (très libre) d’une partie de l’article de Milo Yiannopoulos pour le Catholic Herald du 26 septembre 2011 à destination des journalistes qui ont cette lourde responsabilité de couvrir un voyage du pape « Covering the Pope: a guide for journalists »

Pour tout événement au cours de laquelle le pape apparaît, toujours gonfler le nombre de protestataires. Au JMJ à Madrid cette année, le nombre de manifestants a représenté moins de 0,04 % de la population enthousiaste et heureuse d’accueillir le pape (5.000 personnes contre 1,5 millions de personnes). Mais cela n’a pas empêché les esprits entreprenants de la BBC de se concentrer presque exclusivement sur les mécontents, en ignorant l’envergure et la réussite d’une célébration joyeuse de jeunes catholiques.

De la même façon, dans un autre reportage de la BBC au sujet du voyage du Pape en Allemagne la semaine dernière, quelques centaines de manifestants ont été transformées en « plusieurs milliers ». Des mots comme « plusieurs » sont utiles, car ils sont plus faciles à utiliser que des vrais nombres.

En cas de doute, rester vague sur le but des protestataires – surtout s’ils n’en ont pas vraiment. De toute façon le folklore chrétien c’est toujours de «tendre l’autre joue », pas comme les manifestants, qui, s’ils n’ont pas de grands articles, vont bombarder votre standardiste de plaintes et inonder la blogosphère de propos indignés sur votre manque de rigueur. (…)

Lorsque c’est possible, utiliser des photos du pape de dos. Cela montre qu’il est isolé et impopulaire. Ne soyez pas dupé par vos échanges avec des personnes présentes sur les lieux qui le décrivent comme énergique et entouré par des milliers de sympathisants.

Enfin – et c’est un des points les plus importants – faite mention d’Adolf Hitler . (…) Aucun reportage sur Benoît XVI ou sur l’Église catholique n’est complet sans une référence aux Nazis, en particulier sur le fait que Benoît XVI était membre des Jeunesses hitlériennes.

Ne prenez pas la peine de lire ses déclarations sur le sujet ou de poser des questions à des spécialistes de cette période de l’histoire. Vous pourriez découvrir que Joseph Ratzinger était un jeune homme embrigadé de force dans l’équivalent du service militaire à un moment où presque aucuns jeunes ne pouvaient s’inscrire dans un mouvement pour la jeunesse indépendant de l’Etat, et alors que feriez-vous ? Non, garder en mémoire de mentionner son appartenance aux Jeunesses Hitlériennes. Et si vous réussissez à mettre les mots Hitler et Nazis à deux reprises dans un même paragraphe, c’est « bonus point »

Covering the Pope: a guide for journalists, Catholic Herald, 26 sept 2011, Milo Yiannopoulos

4 thoughts on “Le choc des images

  1. Et puis, comme nous sommes dans la crise, il faudrait rajouter le fait important que la position du pape sur le préservatif (oui, dit comme ça, ça fait toujours rire les lecteurs) est à la base de crise car il tue le commerce des capotes et donc l’économie mondiale par ricochet !

  2. Il faut quand même dire que les évêques de l’Afrique Noire sont de fervents soutiens de la lutte contre l’homosexualité qu’ils considèrent comme une maladie importée de l’Occident.

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