Maladresse

Sourire crispé du matin à la lecture du billet du Père Dominique Loiseau sur le site du Diocèse de Toulon à propos des négociations entre la FSSPX et le Vatican.

Ou comment réduire l’unité à l’uniformité et l’identité catholique à la soumission au Magistère.
Voilà en tout cas un bel article qui va très certainement favoriser l’unité dans l’Eglise.

Extrait :

Benoît XVI est vraiment le Pape du retour à l’unité catholique.

(…) Ce qui serait nouveau si la Fraternité St Pie X acceptait l’accord, serait la reconnaissance de tous les lieux de cultes et de toute ouverture de maison sans avoir l’autorisation de l’évêque du lieu. Une telle décision provoquerait un tsunami dans l’Église de France. Mais le Pape ne souhaite-t-il pas un certain rééquilibrage ? Car même si certaines positions de la Fraternité St Pie X sont excessives pour ne pas dire schismatiques, combien d’universités catholiques ou de prêtres continuent de professer ouvertement des hérésies ou des dissensions avec le magistère.

(…)

Père Dominique Loizeau, Diocèse Fréjus-Toulon, 23 octobre 2011

4 réflexions sur “ Maladresse ”

  1. Je vois que mon message est parti trop vite. je voulais dire « pas faux, le billet du P. Loizeau ». et même, à la relecture, lumineux. Car si être catholique n’est pas adhérer à l’Evangile du Christ tel qu’il nous est transmis par l’Enseignement de l’Eglise catholique, c’est quoi? Quelle différence avec n’importe quelle autre confession chrétienne?
    Je salue en particulier le discernement sur les universités catholiques et les prêtres. J’en entends des énormités dites par des prêtres et des religieux! Et j’en entends aussi dans mes études dans une prestigieuse faculté de théologie: par exemple un enseignant, prêtre, qui vient vous faire en cours l’apologie de la Loi Veil. Alors oui, l’Eglise sera plus unie avec un petit rééquilibrage.

    Grâce soit rendue au diocèse de Toulon de le rappeler.

  2. ce billet de D Loiseau est assez révélateur d’une méthode étonnante et assez répandue au sein de l’institution écclésiale qui consiste à invoquer l’autorité du pape pour faire valoir ses propres conceptions. Je me réfère à ce qu’avait dit Joseph Ratzinger sur cette question de l’unité dans l’interview qu’il avait accordé au journal »La Croix » le 28 juin 1990: »L’existence de courants différents me parait nécessaire sous peine d’aboutir à une uniformité excessive….Le message chrétien s’adresse à des hommes très différents, il est normal qu’il y ait des chemins diversifiés.. L’universalité de l’Eglise suppose donc la pluralité. Sinon l’Eglise ne serait pas universelle »

    Lorsque l’on se réfère au Pape encore faut il avoir l’honnêteté intellectuelle de ne pas lui faire dire l’inverse de ce qu’il exprime clairement

    La tentation de toute institution parce qu’elle se situe nécessairement dans une logique de pouvoir est de tendre à l’uniformité et le discours de D Loiseau est révélateur de l’angoisse des fonctionnaires de Dieu devant les risques d’une diversité qu’ils ne peuvent maitriser et qui risque de les déstabiliser .

    Un pitoyable billet d’un prêtre qui confond les notions de prêtre et d’adjudant chef et qui assimile les fidèles diocésains aux recrues d’un régiment parachutiste.Une erreur manifeste d’appréciation à l’évidence

  3. Dans ce petit billet, ce qui est bien inquiétant, c’est que ce prêtre balaie sans autre les textes de l’Église : je cite Lumen gentium 27 :

    « Chargés des Églises particulières qui leur sont confiées, les évêques les dirigent comme vicaires et légats du Christ, par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorité et par l’exercice du pouvoir sacré, dont l’usage cependant ne leur appartient qu’en vue de l’édification en vérité et en sainteté de leur troupeau, se souvenant que celui qui est le plus grand doit se faire le plus petit, et celui qui commande, le serviteur (cf. Lc 22, 26-27).
    Ce pouvoir qu’ils exercent personnellement au nom du Christ est un pouvoir propre, ordinaire et immédiat : il est soumis cependant dans son exercice à la régulation dernière qui lui vient de l’autorité suprême de l’Église et, en considération de l’utilité de l’Église ou des fidèles, il peut être, par cette autorité, resserré en certaines limites. En vertu de ce pouvoir, les évêques ont le droit sacré, et devant Dieu le devoir, de porter des lois obligatoires pour leurs sujets, de rendre les jugements et de régler tout ce qui concerne l’ordre du culte et de l’apostolat. « 

    Bref, à suivre cet ecclésiastique, ce pouvoir propre, ordinaire et immédiat est à la merci, par exemple, de l’installation, par un monsignor du Vatican, comme on l’a vu naguère en Aquitaine, contre l’avis de l’évêque, d’un groupe qui se dit catholique, mais qui a fait la une de l’actualité par des propos inadmissibles. Je serais curieux de voir la réaction de ce digne ecclésiastique si un monsignor du Vatican lui imposait le voisinage quotidien avec un groupe se disant catholique, mais professant des opinions divergentes d’avec les siennes, lesdites opinions n’étant, de plus, pas compatibles en tout points avec avec l’Évangile…

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