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Ouvert à double-tour

Deux fois par an, les Evêques Français se réunissent pour partager ensemble sur les dossiers d’actualités urbi et orbi mais également pour prier ensemble. Pour la session de printemps de l’Assemblée Plénière qui débute le 8 avril, ce sera service minimum avec la presse.

L’ouverture aux oreilles des médias est à géométrie variable selon les périodes et les sujets. Cette année, les journalistes présents à Lourdes auront juste le droit d’assister au discours inaugural de Mgr Pontier, son Président.

L’engagement d’une partie de l’Eglise dans les cortèges de la Manif pour Tous a visiblement laissé des traces. Plus globalement, la récente annulation d’une conférence sur la dimension sociale du soin de l’autre par une philosophe montre l’extrême sensibilité du débat sur la famille.

Du coup, l’océan atlantique vient de gagner encore quelques mètres, en comparaison avec nos voisins américains qui retransmettent en direct l’ensemble des débats.

On peut bien évidemment comprendre les raisons d’un tel choix. Il peut être bon  parfois de fermer la porte afin de pouvoir garantir un échange plus libre. Mais cela montre aussi le manque de maturité de la structure nationale.

Il serait en effet possible d’envisager un jour une évolution des missions et pouvoirs des Conférences Nationales, afin qu’elles ne soient pas simplement un lieu de travail mais également un quasi-synode permanent.

Mais comment comprendre que les synodes diocésains soient des lieux ouverts aux débats et au public alors que le synode national serait au gré des humeurs ouvert ou fermé.
Les sujets seraient-il différents ? Et au-delà d’un droit finalement assez légitime à un minimum d’informations, comment faire participer l’ensemble des catholiques si dès qu’un sujet semble difficile, les Evêques décident de verrouiller toute la communication ?

Il y a une certaine hypocrisie en pleine période de campagne pour le denier de l’Eglise à s’adresser aux catholiques pour demander une participation financière à la vie matérielle de l’Eglise et dans le même temps ne pas ouvrir plus largement sa porte.

Il ne s’agit pas de faire de la « transparence » pour faire comme les autres. Cette dernière a ses limites et ses perversions.

Les Evêques refusent de mettre sur la place publique leurs divisions. C’est tout à fait légitime, c’est même un réflexe naturel. Mais est-ce vraiment conforme à l’Evangile ? Prenez les Actes des Apôtres et enlevez tous les conflits entre Pierre et Paul, entre les Apôtres, les communautés,… Que restera-t-il ?

L’unité que recherchent les Evêques est-elle forcément opposée à une diversité des opinions ? De toute façon, il suffit de lire les déclarations des uns et des autres, à travers les livres, les lettres pastorales et interviews : comment est-il possible d’ignorer les différences et même les clivages ?

Les catholiques sont des citoyens du monde. Ils lisent, s’informent, ils travaillent, ont des familles. Donc ils savent très bien que le conflit fait partie de toute vie commune. Pourquoi donc l’Eglise cherche constamment à masquer ses divisions ?

Comme le rappelle le Pape François, l’Eglise doit demeurer ouverte sur le monde « Je préfère une Église qui sort et qui a des accidents, plutôt qu’une Église fermée qui pourrit de l’intérieur ! »